Haïti : 14 ans après le goudougoudou, toujours en quête de résilience face aux échos persistants de la tragédie

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Le mardi 12 janvier 2010 demeure ancré dans la mémoire collective haïtienne, symbolisant le jour où un séisme dévastateur a frappé le pays, laissant des conséquences humaines et matérielles incalculables. Les causes identifiées comprennent des infrastructures défaillantes, une méconnaissance des gestes préventifs et des problèmes graves liés à la transfusion sanguine. Quatorze ans après, le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) se retrouve toujours sans pochettes pour recevoir le sang des donneurs.

Plus d’une décennie plus tard, les constructions anarchiques en Haïti persistent, l’éducation aux premiers soins, aux gestes à adopter en des circonstances pareilles et l’importance de la  transfusion sanguine sont encore négligés. 

Les jours qui ont suivi le séisme, théorie du complot, châtiment et catastrophe naturelle ont conduit les débats. Pour les adeptes du christianisme et d’autres sectes religieuses, ça a été un signe de la fin du monde. Pris de peur, de nombreux haïtiens se sont convertis au christianisme. Tandis que pour d’autres, ce n’était qu’une catastrophe naturelle comme cela se produit dans d’autres pays. Dans cette catégorie se trouvent les géologues qui, en plus d’être du côté catastrophe naturelle, considèrent celui-ci comme une révélation. 

Les événements post-sismiques démontrent que le pays n’est pas exempté de phénomène naturel de ce genre. Mais il est possible de diminuer considérablement le nombre de pertes en vies humaines et de dommages matériels, comme l’a souligné le géologue Claude Prépetit.

“tranblemanntè pa yon fatalite se pare pou n pare” les jours qui ont suivi. Ainsi, la nécessité de renforcer la résilience aux catastrophes naturelles. Cependant, les leçons tirées semblent avoir du mal à se concrétiser dans des actions tangibles.

l’État Haitien semble n’avoir pas retenu la leçon…

Alors que l’indisponibilité de sang pour les victimes a joué un rôle important dans la perte en vies humaines lors du séisme, le matin du vendredi 12 janvier 2024, l’association Konbit San Pou San a orchestré un sit-in devant les locaux du Ministère de la Santé et de la Population Publique (MSPP). Lequel avait pour mission de solliciter l’intervention de l’État pour garantir la disponibilité de pochettes vides lors des collectes de sang, permettant ainsi de recevoir les dons des donneurs. Cependant la construction anarchique persiste, exposant la population à des risques accrus en cas de futurs séismes.

14 ans se sont écoulés, il est préoccupant de constater que le Ministère de l’Éducation Nationale n’ inclut pas de cours de secourisme ni de gestes adoptifs en cas de catastrophes naturelles dans son programme scolaire. Ces compétences, cruciales pour la réduction des pertes humaines en cas d’urgence, sont actuellement absentes des programmes éducatifs officiels. Cette omission souligne le besoin pressant de réévaluer et d’intégrer ces compétences essentielles dans le système éducatif national.

L’importance de la mémoire Collective 

En ce jour où nous commémorons la mémoire des victimes, se souvenir de cette tragédie ne doit pas seulement être un exercice de réflexion, mais aussi une incitation à l’action. Il est crucial de prévenir une répétition de l’histoire en investissant dans des infrastructures robustes, des programmes éducatifs sur la sécurité sismique, et en soutenant les communautés vulnérables.

En ce sens, il est temps que l’État traduise ses paroles en actions. Les organisations internationales et la société civile doivent redoubler d’efforts pour promouvoir la résilience communautaire, améliorer les normes de construction, et lutter contre la corruption qui entrave le progrès. Puisque Haïti mérite un avenir où les séismes ne laissent plus derrière eux la mort par centaines de milliers.

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